Livre sur la Mauritanie

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Moitié de Personne : un témoignage hors normes sur un pays d’Afrique largement méconnu

Diariata Coulibaly est une écrivaine franco-mauritanienne. Née à Kaédi dans le sud du pays en 1965, elle nous livre dans son témoignage Moitié de Personne, publié aux Editions Baudelaire, un regard unique sur son pays d’origine.

Livre pour voyager : découvrez la Mauritanie comme vous ne l’avez jamais entrevue !

Originaire de Kaédi, Diariata est la cinquième enfant d’une famille modeste et multiculturelle. Sa mère est Peule, son père est Maure et Bambara. À deux ans, elle contracte la Poliomyélite. Désormais handicapée, elle devient un fardeau pour ses parents, qui l’envoient vivre chez sa grand-mère maternelle, à l’abri des regards.

Le livre de Diariata Coulibaly, Moitié de Personne, retrace son parcours depuis ses débuts misérables, seule et abandonnée dans la case de Grand-Ma, jusqu’à l’épanouissement de sa carrière en tant que Fonctionnaire International de l’ONU.

L’auteure nous expose donc dans son ouvrage une vision bien particulière de la Mauritanie. Tout d’abord celle d’une enfant du pays, initiée à toutes ses coutumes et à ses codes secrets. Ensuite, celle d’une personne en situation de handicap. Si de très nombreux ouvrages ont été publiés sur l’Afrique et notamment sur la Mauritanie, il est cependant rare de découvrir la réalité à laquelle sont confrontées les personnes les plus démunies du pays.

Mauritanie : 3 traits culturels méconnus des Occidentaux

Porter le poids de la honte quand on est une « moitié de personne »

Selon les propres mots de l’auteure, le fait d’être handicapé en Mauritanie, c’est « apporter la honte sur sa famille ». Il s’agit là d’une punition des mauvais esprits – la mère (toujours la mère) a dû se rendre coupable de quelque chose… Ce sont les bruits qui courent dès que la maladie frappe un enfant.

Instantanément, Diariata est dépossédée de son prénom. On l’appelle désormais « moitié de personne ». Ses parents la renient. Néanmoins, dans son malheur, elle peut s’estimer heureuse : on ne l’a pas laissée mourir de faim comme c’est parfois le cas à l’époque pour les enfants soudainement paralysés.

Sujet rarement abordé, le handicap en Afrique est une vraie problématique. Peu de choses ont changé depuis l’enfance de Diariata Coulibaly. La mendicité est souvent la seule voie envisagée pour ces enfants qu’il n’est pas question d’envoyer à l’école. Il aura fallu beaucoup de persévérance et d’obstination à Diariata pour se construire un avenir différent…

Comment s’adresse-t-on à un poulet en Afrique ?

Sans généraliser à l’échelle du continent africain (le titre était cocasse), Diariata nous explique que dans la culture Peule, il existe des manières bien précises de s’adresser aux animaux. La langue Poular possède deux mots pour chaque animal, dont la fonction bien spécifique est de les appeler ou de les chasser :

• Chien : « Aye » pour l’appeler, « Djiaa » pour le chasser
• Chat : « mouss » pour l’appeler, « Diéry » pour le chasser
• Poule : « « Kouye-Kouye » pour l’appeler, « Kess » ou « Kouss » pour le chasser

Imaginez la surprise des Mauritaniens lorsqu’ils voient des Occidentaux parler avec leurs animaux de compagnie comme s’ils étaient de « vraies » personnes !

3 personnalités insolites et incontournables dans la société mauritanienne

Dans la société mauritanienne au sein de laquelle Diariata a grandi, trois personnalités se distinguent particulièrement :

• Le Marabout : il s’agit d’une personne qui soigne en utilisant les versets du Coran

• Le guérisseur : la médecine de ce dernier repose sur l’utilisation des plantes et des fétiches

• Le Griot : c’est le généalogiste traditionnel et le messager dans certaines cultures. Il est la mémoire de la famille, dont il retient chaque lignée, et a notamment pour rôle d’interpréter publiquement les louanges, car il maîtrise l’art oratoire.

Dès l’apparition de sa maladie, Diariata fut amenée chez tous les guérisseurs et marabouts des environs, qui se donnèrent pour mission de la guérir du sort jeté par les mauvais esprits – une épopée pour le moins mouvementée, que vous pouvez retrouver dans son autobiographie.

Excision et circoncision : un sujet sensible abordé dans le livre de Diariata Coulibaly

Sujets souvent considérés comme tabous, la circoncision et l’excision font cependant régulièrement couler l’encre… et le sang. Moitié de Personne vous livre un témoignage saisissant sur ces deux pratiques et surtout sur la différence de perception existant entre ces deux « rituels ».

Si la circoncision est une fête vécue dans la joie, les rires et les chants, qui honore les parents des circoncis, l’excision est quant à elle effectuée dans l’ombre, la honte et le silence. Le portrait de Haby, exciseuse de Kaédi, est un passage fort – et terrifiant – du livre de Diariata Coulibaly.

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